Le piratage numérique de la bande dessinée sur Internet

Le MOTif (observatoire du livre et de l’écrit en Ile-de-France), organisme associé à la Région Ile de France, vient de publier EbookZ 2, la seconde édition de son étude sur l’offre numérique illégale des livres français sur Internet en 2010. Seule étude sur le sujet en France, EbookZ 2 s’attache à analyser la nature de l’offre illégale, les livres et les éditeurs concernés ainsi que les volumes en jeu. L’autre intérêt d’EbookZ 2 est de faire un gros plan spécifique sur la bande dessinée.

D’abord de quoi parle-ton ? On entend par piratage numérique du livre, la mise à disposition illégale au format numérique sur Internet de livres existant au format papier.

Ensuite, qui sont les pirates ? On est loin d’un système mafieux et tentaculaire. L’étude parle plutôt de « teams », qui regroupent souvent une dizaine de personnes et seules quelques teams alimentent le marché avec une offre illégale régulière, abondante, de bonne qualité et dans des formats variés.

Par quels moyens les livres piratés sont-ils diffusés ? Comme pour la musique les circuits sont ceux du Peer to Peer, du streaming, des newsgroups ou, dans la majorité des cas désormais, du téléchargement direct. L’étude note cependant « qu’il reste assez fastidieux de trouver sur internet la version pirate d’un livre précis. ».

Quelle est l’ampleur du piratage de la bande dessinée sur Internet ? 6000 à 7000 titres seraient accessibles en offre illégale sur Internet, soit moins de 2 % de l’offre légale papier. Cependant l’offre illégale aurait plus que doublée depuis la dernière étude parue en 2009.

Qui sont les victimes ? Les gros éditeurs francophones en premier lieu : Delcourt, Soleil, Dargaud, Glénat, Casterman, Dupuis… Le piratage n’est pas un marché de niche. Plus étrange, en revanche, sont les noms des dessinateurs les plus piratés, parmi lesquels on trouve Tibet, Willy Vandersteen, Hermann, Jean Graton… Notons néanmoins qu’aucun de ces auteurs ne représente plus de 1 % du piratage total de bandes dessinées.

Il convient de rester prudent quant à l’interprétation de ces chiffres avertissent avec sagesse les auteurs de l’étude. En matière d’offre illégale, par nature, la transparence n’est pas de mise. Il s’agit d’abord d’estimations et d’extrapolations à partir de l’étude des principaux circuits de piratage. Le streaming étant quant à lui exclu de l’étude alors que c’est une source importante de piratage des mangas en particulier. Ceci étant, même s’il n’y a pas péril en la demeure, « le piratage n’est pas encore massif », note EbookZ 2, « mais il s’accélère, et le délai de piratage des nouveautés semble plus court ».

L’étude conclut sur la nécessité d’offrir une offre légale concurrente “attractive et de qualité” ; et d’ajouter « qu’il reste à déterminer ce que constitue l’attractivité de cette offre”.

Là est toute la question.

L’étude complète sur le site Le Motif.

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1 réflexion au sujet de “Le piratage numérique de la bande dessinée sur Internet”

  1. « Plus étrange, en revanche, sont les noms des dessinateurs les plus piratés, parmi lesquels on trouve Tibet, Willy Vandersteen, Hermann, Jean Graton… »

    Ces auteurs font partie de la liste : « Top 
20 
des 
dessinateurs 
de 
BD 
ayant
 le
 plus
 de
 titres
 piratés sur
 ed2K ».

    … à rapprocher des auteurs ayant le plus de titres PUBLIES en tout. Dans cette liste, je pense que c’est Hermann le moins prolixe, avec près de 130 albums différents dessinés. Les autres le dépassent allègrement !

    Or, dès lors qu’on parle de piratage, on ne parle pas de tirage, c’est à dire de notoriété, de quantité totale d’exemplaires vendus (du genre 2.
    000 à 100.000 exemplaires pour UN album), mais du nombre d’albums effectivement dessinés (par exemple 130 et pas plus pour Hermann même s’il a fait des millions de ventes).

    Et à ce jeu, les stakhanovistes du dessin que sont les auteurs précédemment cités (certains travaillent en studio), ont plus de chance de figurer parmi les gros chiffres dans les listes de pirates.

    Il n’en serait pas de même si on analysait le nombre total de téléchargement d’albums piratés pour chaque auteur (équivalent à un « tirage ») ! Willy Vandersteen, par exemple, ne figurerait plus dans le top, dans ce cas…

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