Les éditeurs de bande dessinée ont-ils honte du numérique ?

L’interview de Régis Habert, le directeur général de Bande Numérique, que vient de publier Bodoï relève soit d’un exercice de langue de bois hasardeux, soit d’une expérience surréaliste. On pourrait aussi imaginer qu’il s’agit d’un contre-argumentaire commercial à l’usage de ceux qui pensent qu’il existe un avenir numérique à la bande dessinée.

Rappelons le contexte (voir le Rapide « Bande dessinée numérique, un accord historique ? »). Il y a peu, Les principaux éditeurs franco-belges de bande dessinée (Dargaud, Dupuis, Delcourt, Glénat, Casterman, Bamboo) annonçaient « avoir signé pour la première fois un accord pour développer une politique concertée de mise en avant de la BD numérique, en mettant en commun leurs moyens et leurs catalogues dans BANDE NUMERIQUE. »

Suite à cette annonce, Bodoï a donc souhaité en savoir plus en interrogeant le directeur général du tout nouveau BANDE NUMÉRIQUE. Mais qu’est-ce que BANDE NUMERIQUE, concrètement, demande Bodoï ? « Une bande de copains qui décident de se donner un nom« , répond Régis Habert. Si ce n’est pas très concret, ça a le mérite d’être sympathique. Il ajoute tout de même, que dans le monde réel, Izneo est l’incarnation de BANDE NUMÉRIQUE.

Une incarnation bien pâle, puisqu’il définit d’abord Izneo, non pas comme un plateforme de diffusion de la bande dessinée numérique, mais comme « un entrepôt de BD numériques ». On a frôlé le hangar, la grange ou l’étable numérique ! D’ailleurs, dit encore Régis Habert, « nous ne faisons aucune publicité pour attirer des acheteurs« . Il ne manquerait plus que ça, des lecteurs prêts à payer pour de la bande dessinée numérique !

Régis Habert nous rassure cependant en évoquant le piratage numérique des œuvres qui permet « d’obtenir en un clic l’intégrale de Tintin ou de Lanfeust de Troy, en PDF bien propres, parfaitement lisibles. » Vous ne pouvez pas l’acheter sur Izneo mais vous pouvez le trouver gratuitement sur le web.

Et en conclusion, le directeur général de BANDE NUMÉRIQUE de confirmer « qu’aujourd’hui les ventes sont très faibles » sur Izneo. Ouf, l’honneur est sauf.

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