Will Eisner : le maître en interview posthume

Le site Bleeding Cool vient de ressortir une interview inédite de celui qui a déconstruit la bande dessinée américaine et ses super héros avant de la réinventer, plus tard, avec des œuvres plus ambitieuses.

L’entretien réalisé en 1995 (et jamais publié) par le journaliste anglais Martin Conaghan offre à Will Eisner l’occasion de revenir sur sa carrière et l’évolution de son art, de sa jeunesse à la maturité.

C’est à 22 ans qu’il commence à publier les strips du Spirit dans la presse quotidienne. En tant que jeune artiste, l’important pour lui était alors de démontrer son habilité de dessinateur. « Il se passe la même chose avec les jeunes auteurs aujourd’hui » constate le maître de la bande dessinée moderne ; « ils cherchent d’abord à monter leurs muscles et l’étendue de leurs capacités techniques, ce n’est que lorsqu’ils deviennent finalement plus expérimentés qu’ils réalisent que leur art doit d’abord être au service de l’histoire ».

Et même si son art a évolué, Eisner est resté fidèle au noir et blanc : « j’évite l’usage de la couleur dans mon travail parce que je pense que la ligne en elle-même est pure et je veux que mon travail soit d’abord lisible. Je crois que la couleur a tendance a diluer l’œuvre. »

« Je ne me vois pas comme un maître du style et je ne pense à mes traits sur la page que comme des éléments de vocabulaire ». De la bande dessinée comme une grammaire ?

Une grammaire pour adultes aussi. Le public des comics books vieillit et Eisner prend conscience, dès 1974, qu’il devient nécessaire d’offrir une autre bande dessinée à ces lecteurs qui ont maintenant 40 ans, ont lu des comics toute leur vie et qui aiment toujours la bande dessinée. Il faudra, plus tard, une bande dessinée pour des lecteurs de 50 puis 60 ans…

 

Tweet about this on TwitterShare on LinkedInShare on FacebookShare on Google+Email this to someonePrint this page