Krazy Kat 2012

Comment parler de Krazy Kat ? Croyez pas que je me défile mais Krazy Kat c’est la pyramide et le Sphinx de Gizeh. Rien que des pierres et des animaux, tout simplement, et pourtant des monuments qui dépassent l’entendement.

Krazy Kat naît en 1913 sous la plume de George Herriman. C’était quoi la bande dessinée en 1913 ?

En 1913 la bande dessinée n’existe pas depuis plus de 15 ans (si l’on considère Yellow Kid comme l’acte de naissance de la bande dessinée). Aux Etats Unis, ce sont des strips quotidiens (La Famille Illico) qui paraissent dans les grands journaux de l’époque. En France, la bande dessinée c’était Bécassine ou Les Pieds Nickelés. En 1913 Hergé avait 5 ans.

Krazy Kat est un objet de bande dessinée non identifié. Certainement venu de l’espace. Du futur à coup sûr. Certes, il y avait eu une apparition aussi étrange quelques années auparavant avec le Little Nemo de Winsor McCay.

Mais Krazy Kat c’est autre chose. Une fulgurance du trait, de l’esprit et des compositions. George Herriman déconstruit déjà un art dont les règles n’ont pas encore été totalement arrêtées. Il projette un art qui n’a pas encore connu son âge classique dans la modernité. Trop tôt.

Tant mieux pour nous, lecteur de 2012. La lecture de Krazy Kat est un choc artistique (à l’échelle de la bande dessinée). Et si l’oeuvre a bientôt 100 ans, c’est d’abord sa jeunesse, sa liberté et sa nouveauté qui nous frappent.

Alors précipitons-nous, précipitons nos enfants vers l’édition 2012 de l’oeuvre d’Herriman que nous proposent les éditions Les Rêveurs. Un premier volume de 280 pages vient de paraître qui rassemble les sunday strips parus dans la presse américaine entre 1924 et 1929.

Cette édition française (traduction de Marc Voline) est le pendant de l’édition de l’américain Fantagraphics. La collection complète comprendra 4 volumes.

 

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