Une case (presque) au hasard : Blast 3

Un image prise (presque) au hasard dans Blast, tome 3, la tête la première, de Manu Larcenet. L’image en question occupe une page entière, la page 7. Une ville, la nuit. Le ciel occupe les 3/4 de l’image.

Ce paysage nocturne, urbain, réapparaît à plusieurs reprise dans l’album (pages 33, 172, 200). Elle marque le passage entre le passé (le récit de Polza) et le présent (l’interrogatoire du même Polza par les 2 policiers).

Cette image est un peu plus qu’une ponctuation dans l’action. C’est une porte d’entrée entre 2 univers. La ville et les territoires ruraux dans lesquels Polza traîne sa carcasse. C’est le retour à la vie « normale », avec ses règles, ses lois et ceux qui les font respecter.

La force de cette image donc, et bien que toute action en soit absente, est qu’elle est un élément du récit, une étape de la narration et non pas une pause comme souvent les grandes images de paysage dans la bande dessinée (ou au cinéma). On n’est pas dans la longue et lente description balzacienne. C’est une case noire, aux trois quarts, plus quelques tâches blanches. Il n’y a presque rien à décrire. Une image à la limite de l’abstraction.

Et pourtant tout y est.

La grande force de Larcenet est de nous rendre cette image vivante. On voit les lumières qui scintillent ; la vie qui grouille. Ce n’est pas une image spectaculaire mais une image porteuse d’émotion.

(NB : l’image dans la version papier de l’album est un peu plus contrastée et les nuances de gris plus nombreuses)

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