Janvier : le mois de la tolérance BD dans la presse

Télérama

Il doit en être de la bande dessinée dans la presse comme de la chanson française à la radio : il doit y avoir des quotas. Pour la BD, les quotas doivent être tellement bas que les journaux peuvent se libérer de leurs obligations annuelles en une seule fois, en janvier, à l’occasion du Festival de la bande dessinée d’Angoulême.

La plupart des quotidiens ou des magazines se contenteront d’un papier bien-pensant, un rappels aux grands aînés, Tintin et Asterix (dans la presse les personnages de bande dessinée n’ont pas d’auteurs, ils existent pas eux mêmes) et un focus sur les petits nouveaux qui en fonction de l’inspiration seront appelés « la relève », « la génération montante » ou « les nouvelles stars du 9ème Art ». Mais quelle que soit la dénomination, ce seront généralement les mêmes : Boulet, Pénélope Bagieu et Bastien Vivès.

Télérama et Libération en feront traditionnellement un peu plus en ouvrant leurs pages à des dessinateurs de BD. On pourra ainsi lire une planche inédite d’untel (Davodeau, Vivès, Oubrerie, Harambat, Sapin, Boulet, Bagieu, Jul et Meurisse dans le cas de Télérama) ou admirer le dessin d’un autre répondant à un article d’actualité (ce qu’a fait Libération les années précédentes).

Télérama a ouvert le bal aujourd’hui avec une très belle couverture de Bastien Vivès ; et un titre qui en dit long, « neuf dessinateurs infiltrent nos pages« . Vous noterez le choix du mot « infiltrer » ; comme s’ils s’étaient introduits frauduleusement.

Pour Libé, le jour de tolérance, ça sera demain jeudi.

3 comments on “Janvier : le mois de la tolérance BD dans la presse
  1. Je regrette que Google n’ait pas poussé son défi à la presse française jusqu’au bout, à savoir cesser l’indexation de cette presse dans son moteur. Personne ne s’en serait plaint, selon moi, puisque la faillite des principaux titres de presse était entamée bien avant que le web n’explose, due au désintérêt grandissant du public.
    Sans doute Google a cédé à des pressions beaucoup plus fortes que celles de la presse, puisqu’on voit que le président de la République est monté au créneau en personne. Autant la contribution financière de Google aux fournisseurs d’accès paraît logique, pour contribuer à la logistique, autant cette subvention de 80 millions d’euros à la presse française est absurde. On voit que c’est le même argument qui est opposé à la démocratisation de l’info, que celui qui est opposé à la démocratisation en général : le professionnalisme et l’expertise ; alors même que les professionnels et les experts ont été dépassés par le phénomène de la presse « gratuite », puis du web.
    Et la BD dans tout ça ? Eh bien elle ne se porte pas trop mal, aussi bien les titres en kiosque, que les blogs et sites qui lui sont dédiés. Elle se porterait mieux en kiosque encore, si les réseaux de distribution n’étaient pas seulement accessibles en pratique à des groupes de presse industriels.

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