J’ai lu la première aventure de Superman (1938) en version numérique

Superman

Lire, dans une version numérique, une bande dessinée créée il y 75 ans relève d’une expérience spatio-temporelle. Je n’exagère pas. Imaginez-vous parcourir les jardins de Versailles en 1682 au volant d’une Toyota Prius Hybride sous les regards médusés de Louis XIV et de sa cour. On est dans le même registre.

La BD en question est la première aventure de Superman parue dans Action Comics numéro 1 en juin 1938. J’ai acheté la version numérique du comics sur la librairie numérique ComiXology.

Action Comics 1

Moins d’un dollar pour ce comics mythique de Superman signé Jerry Siegel et Joe Shuster. Financièrement, on n’est pas perdant. En salle des ventes, pour un exemplaire en très bon état, il aurait fallu débourser plus d’un million de dollars. J’étais un peu juste ce mois-ci.

Le premier télescopage spatio-temporel est qu’en payant ce comics moins d’un dollars, je me retrouve presque dans le même état d’esprit que le gamin américain qui balançait une simple pièce de 10 cents trouvée au fond de ses poches sur le comptoir du drugstore et repartait avec Superman sous le bras. « Eh, mec, je ne suis pas en train de me construire une bibliothèque ! Je veux juste lire un comics ! Là, tout de suite. »

C’est vrai que pour 10 cents, tu n’as que 13 pages de Superman. Deuxième choc spatio-temporel. Pour lire sur l’écran de mon ordinateur, 13 pages ça me va. Pas plus d’un quart d’heure. Lire de la bande dessinée en numérique ça demande un peu d’effort et de manipulation : parcourir la page, les cases, zoomer si l’on veut, revenir à une vue d’ensemble… Ça fatigue presque ! Alors que l’expérience de lecture d’un roman papier ou numérique est presque comparable.

Troisième choc spatio-temporelJerry Siegel et Joe Shuster ont construit leur comics pour une lecture rapide justement. Un dessin sommaire. Peu de décors, de détails… Le visage de Superman tient en quelques traits. Et le scénario ! Encore plus vite. Sur 13 pages on a le droit à 4 intrigues différentes !

Enfin, dernier choc spatio-temporel, le numérique me restitue la qualité initiale de l’oeuvre imprimée (voire plus). Le trait de Shuster est souvent gras et les réimpressions papiers en petit format ne rendent pas la lecture aisée.

Quatre chocs spatio-temporels pour moins d’un dollar, l’expérience valait le coup d’être tentée. A ce prix là, même le Doctor Who n’a qu’a aller se rhabiller.

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