Il y a les romans de l’été, pourquoi n’y a-t-il pas les BD de l’été ?

bdete

Vous les connaissez ces gros bouquins, plus de 1000 pages écrits très gros, américains le plus souvent, polar, thriller, aventure ou drame historique, estampillés ROMAN DE L’ÉTÉ. On les retrouve dès le mois de juin dans les pages littéraires de nos hebdomadaires ; et simultanément empilés en colonnes monumentales sur les tables de nos grandes surfaces culturelles.

Ah, le ROMAN DE L’ÉTÉ ! Aussi indispensable que le maillot de bain ou la crème solaire. Ne partez pas sans lui. Et pour l’éditeur une bonne affaire.

Il se vendra à coup sûr. Il se lira ? C’est moins certain. Les premières pages oui. On les relira plusieurs fois ; obligé. Une fois c’est le ballon du petit qui viendra nous rebondir sur le ventre et interrompra notre lecture. Une autre fois, il faudra l’abandonner dès la deuxième page pour secourir le petit, encore lui, manquant de se noyer alors qu’il cherchait son ballon dans la mauvaise direction. On l’ouvrira à la sieste et on le refermera aussitôt ; le rosé de midi ayant eu raison de nos capacités de concentration.

Malgré l’adversité, il ne nous quittera pas de tout l’été. Notre alibi culturel estival.

Il sera cette petite madeleine proustienne que notre mémoire associera à l’adorable Julie croisée à Palavas en juillet 1995 ; à cet été pluvieux en Bretagne en 2001, 2002, 2003 et 2005 (en 2004 nous étions partis en Espagne).

Ah, le ROMAN DE L’ÉTÉ !

Mais alors si le ROMAN DE L’ÉTÉ est notre seul amour de vacances fidèle, pourquoi n’y a-t-il pas de BANDE DESSINÉE DE L’ÉTÉ ?

Plusieurs hypothèses peuvent expliquer ce mystère.

1- La convention collective de la bande dessinée interdit le travail en été.

2- Les éditeurs de bande dessinée n’aiment pas gagner de l’argent.

3- La bande dessinée n’est pas un atout pour draguer. Essaye de choper avec un album de Titeuf sous le bras.

4- Il faut moins de 20 minutes pour lire un Largo Winch ; et l’été c’est long. Tu peux toujours emporter les 18 tomes mais prévoit un budget excédent de bagage.

5- Le lecteur BD est un gros maniaque. Un grain de sable entre les pages de son album et c’est le drame.

6- Il est difficile de lire de la bande dessinée en plein soleil (mauvaise excuse ; tu n’avais qu’à partir en Bretagne).

Mais en définitive, les hypothèses les plus plausible sont :

7- La bande dessinée est un genre trop sérieux pour être lu en été.

8- La bande dessinée est un sport d’hiver. Le Festival d’Angoulême c’est en janvier que ça se passe ; oui, monsieur.

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