Siné : portrait de l’artiste en cathéter

Siné

Il faut être un homme vivant et un artiste posthume, disait Cocteau.

Siné semble avoir suivi cette règle à la lettre ; à la nuance près que Siné n’aime pas les règles et qu’il a, en définitive, choisi une posture intermédiaire : être un homme vivant et un artiste pré-posthume.

Journal pré-posthume, un recueil des chroniques de Siné publiées au fil de l’eau sur le site de Siné Mensuel (Siné sème sa mini zone), ne pourrait être que le Journal d’un corps avec juste un peu plus de Morgon que chez Pennac ; ou pire encore le journal d’une agonie. Siné nous narre par le détail sa maladie, pas un petit rhume, une leucémie.

Siné réussit à faire du bulletin de santé un art ; et ce journal pré-posthume est peut-être une tentative de faire de sa vie une oeuvre d’art. Jusqu’aux dernières extrémités.

J’ignore si telle était l’ambition de l’auteur mais ce journal pré-posthume est une oeuvre littéraire. Qu’importe les détails médicaux superflus, ses obsessions colériques, l’écriture de Siné emporte tout. Une écriture plus légère, moins contrainte, plus libre que ses dessins. On se laisse porter d’une chronique à l’autre.

On guette la saillie qui frappera au coin de la gueule ses ennemis jurés et anciens acolytes, Philippe Val et Charb.

On s’étonne de cette expérience algérienne qui verra Siné travailler pour la société nationale du pétrole et du gaz. Une aventure de 13 ans. C’est lui notamment qui concevra le design des stations services algériennes d’alors, apprend-on incrédule

On s’amuse enfin de ses échanges exaspérés avec la dessinatrice Tanxxx.

Journal pré-posthume est un remède à offrir aux dépressifs et neurasthéniques de tout poil. On sort de sa lecture avec une énergie renouvelée qui donne juste envie de crier : MOI NON PLUS JE NE VEUX PAS CREVER !

Journal pré-posthume – Siné – le cherche midi (octobre 2013)

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