Eric Maltaite : « mon père et la spirale infernale de Tif et Tondu »

Choc

Spirou est le journal le plus libre de la presse française ; sûrement parce qu’il est belge.

Une interview d’Eric Maltaite dans le numéro du 4 décembre 2013 (un numéro double spécial Père Fouettard – quand je vous disais que Spirou était belge) atteste de cette liberté.

Eric Maltaite n’est autre que le fils de Will (Willy Maltaite) le dessinateur pendant 40 ans (de 1949 à 1990) d’une quarantaine d’albums de Tif et Tondu ; série dont il n’était pas le créateur originel, la paternité en revenant à Fernand Dineur (1938). Notez le mot paternité, nous allons y revenir.

Tif et Tondu sera pendant 4 décennies une série phare du journal de Spirou. Et que nous apprend Monsieur Maltaite fils ? que Tif et Tondu fut aussi une souffrance pour son père.

Arghh, je m’étouffe… Comment ! Les auteurs de mon enfance (pas 1949, faut pas pousser), n’étaient pas faits de bronze, celui des statues indéboulonnables, et souffraient eux aussi ? N’étaient-ils après tout que des hommes ? Voire des pères ?

Maltaite n’emploie pas tout à fait le mot souffrance. Mais s’agissant d’un entretien quasi psychanalytique (n’est-il pas intitulé « j’avais envie de rendre hommage à mon père » ?) il nous invite à l’interprétation.

Psychanalytique puisque Maltaite reprend pour une nouvelle série le personnage de Monsieur Choc, un personnage de l’univers de Tif et Tondu, créé, lui, par son père (pour le dessin), sans lui adjoindre Tif et Tondu. On pourrait en dire des choses si on était un professeur viennois à longue barbe.

Et lui, que dit-il Eric Maltaite ? A la question de Hugues Dayez (?), il était clair d’emblée pour toi que ce serait Choc sans Tif et tondu ?, Maltaite répond : « je n’avais aucune envie de plonger dans la spirale infernale de Tif et Tondu ! Je ne veux pas subir ce qu’a vécu mon père : être prisonnier toute ma vie d’une série qui ne m’appartient pas et que je n’ai pas créée. » Maltaite fait part un peu plus loin de son appréhension de devenir, en reprenant une série comme Tif et Tondu, « un fonctionnaire du dessin« .

Il y eut donc, naguère, des fonctionnaires du dessin dans Spirou ?

Sinon les quelques pages de Choc que je viens de lire ne font absolument pas penser à Tif et tondu, qu’Eric Maltaite soit rassuré ; c’est sombre et violent. Une chose peut-être pourrait nous rappeler son père, cette façon de déshabiller joliment les jeunes filles.

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1 réflexion au sujet de “Eric Maltaite : « mon père et la spirale infernale de Tif et Tondu »”

  1. Assez d’accord avec vous sur la liberté de la presse belge, comparée à la presse française. Mais question de psychanalyse, les Belges sont largement battus par les Yankees (cf. Alison Bechdel).

Les commentaires sont fermés.