Une autre bande dessinée est possible ! Le discours d’Eric Stephenson (Image Comics) aux libraires américains

stephen

C’est beau comme un discours de Martin Luther King !

Eric Stephenson, le boss d’Image Comics (le 3ème éditeur américain, le plus innovant et qui affiche à son catalogue des séries comme Walking Dead, Saga ou Sex Criminals), parlait ce week-end devant les libraires américains.

Comme celui de King (toute proportion gardée ! ), le discours de Stephenson est un discours d’espoir, une vison d’un autre monde ; sans blague, on entend presque la stance I have a dream, à la fin de chacune de ses phrases. Ce n’est pas un discours sur l’état de l’Union, à la manière des présidents américain, mais un discours sur l’état de la bande dessinée.

Ce qu’Eric Stephenson dit sur l’industrie américaine du comics américain n’est pas sans rappeler l’évolution du marché européen.

Extraits :

« Alors que de nombreux libraires ont disparu, des chaînes entières mêmes, vous vous êtes toujours là, et pour beaucoup d’entre vous, plus fort que jamais. Les ventes fluctuerons toujours, mais alors alors que depuis 20 ans on annonce la fin de l’édition papier, le marché de la bande dessinée est resté relativement stable. »

« Quand le marché numérique a commencé à émerger (au début des années 2000) comme une alternative au papier, les prédictions se sont faites plus pessimistes que jamais ; mais néanmoins, vous (libraires) êtes toujours là. »

« Tous les éditeurs sont d’accord pour reconnaître que le roman graphique est la seule catégorie de l’édition papier qui progresse. C’est quelque chose dont vous pouvez être fier car le plus grand rayon de romans graphiques dans une grande surface sera toujours plus petit que le votre. Et même si la croissance des romans graphiques sur Amazon peut paraître décourageant, ce que ça veut vraiment dire c’est que le marché de la bande dessinée continue à progresser. »

« Si on veut vraiment travailler pour améliorer l’industrie de la bande dessinée, la première de nos priorités doit être d’œuvrer pour la durabilité du medium et sa viabilité. Relancer, réamorcer, réinitialiser des anciennes séries, et prétendre que des vagues de nostalgie (pour des anciennes BD, des anciens films…) sont comparables à des idées nouvelles ou de l’innovation ne nous rendra pas plus fort. »

« Notre industrie est celle du comics, pas celle du super-héros. »

« Il existe toute une large frange de lecteurs à conquérir, avides de découvrir la bande dessinée mais aussi longtemps que nous présenterons les comics à la mode Bing, Bang, Pan de Marvel ou DC et que nous continuerons de remplir les vitrines de nos librairies de Spider-Man ou de Superman, nous ne parviendrons pas à les atteindre. »

« Le plus grand problème avec la bande dessinée c’est que la majorité des gens n’ont aucune idée de ce que ce medium peut leur offrir. »

« On a habitué le public à penser aux comics en les réduisant aux super-héros Marvel et DC. Et le public a fini par garder ses distances. »

« Pour atteindre de nouveaux lecteurs, nous ne devons pas nous contenter de savoir qui entrent dans les librairies mais qui n’y entre pas. »

« Les personnes qui n’achètent pas de bande dessinée actuellement doivent être notre cible prioritaire. Et ce sont de nouvelles formes de créativité qui les feront entrer dans vos librairies. »

« Une créativité renouvelée est le future de l’industrie du comics et pas un énième Spider-Man #1 ! »

« Les gens ne recherchent pas dans la bande dessinée ce qui existe en mieux dans d’autres medium. En conséquence nous devons développer des choses qui ne peuvent exister que sur notre marché. »

(Le texte intégral en anglais sur le site d’Image Comics)

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