The Fade Out : le comics qui scotche les américains

Il y a quelques mois je vous racontais ce deal inédit passé entre un éditeur, Images Comics, et 2 auteurs, Ed Brubaker et Sean Phillips. J’avais appelé ça Le contrat du siècle. J’ai le sens de la formule et de la nuance.

Image Comics proposait au duo un contrat de 5 ans leur offrant toute liberté en matière de création. The Fade Out qui vient de sortir aux Etats-Unis est la première production issue de cette collaboration.

La presse spécialisée américaine est assez unanime pour saluer la réussite de ce premier album. Pour avoir lu également The Fade Out (en version numérique) je ne suis pas loin de partager l’enthousiasme de nos voisins d’outre-Atlantique.

D’abord c’est étourdissant ce que Ed Brubaker réussit à faire entrer dans un scénario de 32 pages (premier épisode) ; 10 fois plus d’intensité que dans certain franco-belge de 44 pages.

Brubaker nous propose un mode de narration complexe et non linéaire, sur le modèle de certaines séries américaines contemporaines, mais d’une façon toujours maîtrisée et lisible. Il est aidé en cela par le dessin extrêmement efficace et séduisant de Sean Phillips. Certaines cases sont assez bluffantes.

Les 2 auteurs jouent pourtant sur le fil du rasoir. Un polar dans les années 40 ans avec Hollywood en trame de fond, les clichés sont prêts à bondir à chaque case. Le talent du duo est peut-être justement, en tout cas dans ce premier épisode, de réussir à jouer avec ces stéréotypes et de les tordre comme une matière première.

Au final ce n’est pas l’histoire et son contexte qui importent mais la manière de raconter l’histoire quelque soit l’arrière-plan.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’un des héros de l’album est un scénariste. thefadeout2 (2,69 euros sur Comixology en anglais ou sur le site de l’éditeur Image Comics)  

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